Un monument pour Hannibal
Publié le : 15-10-2018

La municipalité de Carthage a décidé d’ériger un monument à Hannibal Barca, un des plus grands généraux de tous les temps et héros tunisien d’envergure universelle.



La ville moderne de Carthage est ponctuée de vestiges de sa glorieuse ancêtre, l’antique cité de Carthage. Son plus célèbre fils, le guerrier Hannibal, y aura enfin l’an prochain un monument à sa mémoire. Ce monument sera élevé en avril 2019 à l’entrée des anciens Ports puniques.

Pourquoi Hannibal a-t-il marqué l’histoire universelle ?

Hannibal a marqué les imaginations en réalisant un exploit incroyable : la traversée des Alpes avec une armée de cinquante mille fantassins, cinq mille cavaliers et trente-sept éléphants. Cet exploit a inspiré de grands peintres comme Goya ou William Turner.

Mais il était aussi admiré pour ses qualités de stratège. Ses techniques ont été imitées par les Romains, puis étudiées pendant des siècles dans les écoles militaires. Napoléon était un grand admirateur d’Hannibal.
Hannibal était un héros malheureux qui a failli changer le cours de l’histoire en remportant de multiples victoires contre la république romaine. Mais ce sont les Romains qui ont remporté la victoire finale. Cinquante ans plus tard, ils ont anéanti la civilisation carthaginoise, une des plus brillantes de l’Antiquité.



Qui était Hannibal ?

Le père d’Hannibal, Hamilcar Barca, était général lors de la première guerre entre Rome et Carthage. Il a ensuite conduit une armée chargée de consolider et d’élargir le territoire carthaginois en Espagne.
Hannibal, né sur le territoire de Carthage en 247 av. J.-C., a pris la tête de cette armée après son père puis son beau-frère Hasdrubal. C’est depuis l’Espagne qu’il a lancé sa gigantesque expédition qui l’a conduit jusqu’aux portes de Rome.
Rappelé à Carthage, il n’a pas pu empêcher l’invasion romaine. Après sa défaite à Zama, il a dû s’exiler en Syrie. Il s’est finalement suicidé (en –181 ou –183) pour ne pas être livré à ses ennemis.  

Détesté par les Romains, Hannibal a été beaucoup calomnié. On le disait cruel et perfide. En réalité, il savait être magnanime. Il était un chef charismatique et a entraîné derrière lui des soldats issus des peuples les plus divers : Berbères, Espagnols, Gaulois, Italiens, Grecs…

Admirateur d’Alexandre le Grand, Hannibal était aussi un homme politique. Pendant la guerre, il avait conclu des alliances avec de nombreux peuples d’Espagne, de Gaule et d’Italie. Plus tard, en tant que suffète de Carthage (chef de l’Etat élu pour un an), il a lutté contre la fraude fiscale et peut-être fait construire le “quartier Hannibal” sur la colline de Byrsa. Pendant ses années d’exil, il a été le conseiller de plusieurs rois orientaux et tenté à nouveau de freiner l’expansionnisme romain. Pour l’écrivain tunisien Abdelaziz Belkhodja, « l’histoire d’Hannibal nous enseigne que la liberté n’est pas négociable ».

Enfin, Hannibal reste un symbole de ténacité et de volontarisme. On retient de lui cette phrase célèbre :

“Nous trouverons un chemin… ou nous en créerons un”.


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